A bord du Biladi

4

mai

2012

A bord du Biladi

Soumis par Shortsea le ven, 04/05/2012 - 10:37

"A bord du Biladi", carnet de voyage de Vivi Navarro, est proposé par les éditions Singulières depuis 2011.

Vivi Navarro a voyagé dans les deux sens de la ligne entre Tanger et Sète à bord du Biladi, navire bien connu du "milieu shortsea" méditerranéen où il opère depuis sa création. Elle en a profité pour observer la vie à bord et la raconter dans cet ouvrage.

[caption id="" align="alignright" width="320" caption="Le Biladi, une peinture de Vivi Navarro. Crédits : Vivi Navarro"]Le Biladi[/caption]

Cette amoureuse de la mer a couché sur le papier la beauté du shortsea shipping : les couleurs de la mer et du ciel, la chaleur des rencontres, le charme des escales et le réalisme des ports.

Dans ce carnet, Vivi Navarro dessine notamment le portrait d'un grand nombre d'hommes du bord, du Commandant aux marins. On y trouve également un portrait du navire, des photos, des peintures, des récits...

Elle n'en est pas à son premier carnet de bord. Voir les autres "aventures maritimes" de Vivi Navarro.

Pour mémoire, le Biladi a été construit en 1980 pour le compte de la SNCM, desservant Corse et Afrique du Nord au départ de France. A cette époque, il naviguait sous le nom de "Liberté". Il a ensuite été allongé d'une vingtaine de mètres. Il assurait, jusqu'au mois de janvier 2012, des liaisons entre Sète et Tanger-med pour le compte de la Comarit, qui l'avait acheté début 2003.

Avant cela, le Maghreb était desservi par une flotte assez hétéroclite, flotte héritée de la Compagnie de Navigation Mixte et de la Compagnie Générale Transatlantique. En fusionnant en 1969, ces deux compagnies ont crée la CGTM, rebaptisée SNCM en 1976.

Le "Liberté" a été le premier navire commandé spécialement pour le Maghreb par la SNCM. A l'époque, cette commande n'avait pas été facile à justifier, car l'aérien tout-puissant était considéré comme le transport d'avenir et le maritime voué au déclin. Le maritime n'a cependant pas décliné car les car-ferries, en plus des passagers, peuvent transporter des voitures.Le Liberté de la SNCM

Le navire a aussi marqué, à son arrivée, un saut qualitatif important pour les lignes de Tunisie et d'Algérie. Ceci a permis à la SNCM d'être la première, au début des années 1990, à proposer le concept de mini-croisières en Méditerranée, avec escales à Tunis d'un côté, et Alger/Palma de Mallorque de l'autre. Ce concept, qui était un produit de plus par rapport à la vocation de la SNCM, fait désormais recette à Marseille.

Enfin, le "Liberté" a été au centre des relations France-Algérie entre 1993 et 2001. En effet, suite au détournement de l'Airbus d'Air France à Alger en Décembre 1993, l'ensemble des lignes aériennes et maritimes sous pavillon français ont été interrompues par le gouvernement français.

La ligne d'Alger a pu reprendre en Octobre 1994 dans des conditions d'exploitation et de sécurité drastique (dignes des films d'espionnage selon certains) car il fallait recréer le lien physique pour le transport des Personnels diplomatiques français en poste à Alger. En effet, ces personnels ne pouvaient pas prendre des avions d'Air Algérie, seule compagnie à desservir pendant de longues années l'Algérie.

Ces mesures sont restées en vigueur jusqu'en 2001. Le "Liberté" a donc été, pour toute une génération de diplomates et personnels assimilés, un lien obligatoire entre leur poste de travail et la métropole.



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