Soutien à la logistique multimodale durable ?

12

janvier

2016

Soutien à la logistique multimodale durable ?

Soumis par Shortsea le mar, 12/01/2016 - 09:58

Ayant réaffirmé avec la COP21 sa volonté de réduire ses émissions, la France a été un acteur majeur dans la négociation, affichant un volontariat louable. La conclusion de l'accord, en partie juridiquement contraignant, en est un aboutissement notable.

Parallèlement, le Livre Blanc des Transports 2011 de l'UE avait, complémentairement à ses objectifs d'économie d'énergie, un objectif de report de 30% des trafics routiers (de fret) longue-distance vers des modes de transport durable.

Cependant, l'UIRR (Union Internationale pour le transport Rail-Route) attirait, ce 23 décembre, l'attention sur les difficultés que le transport combiné, mode de transport environnementalement vertueux et partie intégrante de la politique de transition énergétique, pouvait rencontrer. Une occasion de confronter les récents engagements à la situation factuelle.


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S'intéressant au cas du transport transalpin, l'UIRR dresse un constat édifiant de la situation. Congestion, pollution, et dégradation accélérée des infrastructures routières en sont les maîtres mots. L'année 2015 enregistrait ainsi pas moins de 2 000 000 camions supplémentaires à avoir circulé sur sur le tronçon de l'A12 autrichienne. Autant d'externalités négatives qu'une logistique intermodale, combinant différents modes de transport, tout en intégrant un segment routier, essentiel, saurait atténuer.

Cependant, la prédominance de la route dans les schémas logistiques répond à des préoccupations principalement tarifaires. Le transport combiné souffre des bas prix du pétrole, lesquels offrent une compétitivité accrue au transport tout-routier de marchandises, déjà détenteur d'une part modale dominante. L'association professionnelle pointe également l'absence d'internalisation de certaines externalités générée par le transport tout-routier de marchandises, résultant en des tarifs de péages parfois inadéquats. De telles considérations sont autant d'éléments qui desservent le transport combiné, qu'il comporte un segment ferroviaire ou maritime, alors même que ces alternatives au tout-route restent les moins émettrices de gaz à effet de serre.

A cela, vient s'ajouter le prix du carburant des modes de transport alternatifs qui affiche une tendance différente de celle du carburant routier. En effet, les engagements pris pour fournir des énergies plus propres, qu'il s'agisse de la production électrique en ferroviaire ou des carburants marins "dé-souffrés", sont de nature à rendre ces modes plus onéreux que le tout-routier et donc moins compétitifs, même si plus respectueux de l'environnement. On se trouve donc face à une situation où le mode le plus émetteur à la tonne transportée voit le prix de son carburant devenir plus attractif que celui des modes alternatifs, ce qui ne permet pas aux opérateurs de transport combinés de proposer des prix attractifs.

Et cet écart risque de se creuser. Dans sa "Lettre du Transport Routier" du 26 décembre, la Fédération Nationale du Transport Routier (FNTR) rappelait que malgré la hausse de la TCIPE, notamment via celle de la taxe carbone, le transport routier de marchandises a été exonéré de ces hausses sur l'exercice 2015, et le sera également sur les hausses prévues en 2016.  Cette exonération est de nature à accroître la compétitivité du transport tout-routier vis à vis des modes alternatifs et du transport multimodal.

BP2S, promoteur de l'intermodalité à segment maritime en Europe, s'inquiète de cette tendance et s'interroge sur les perspectives des transports multimodaux...


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